Questions d’actualité sur la gestion forestière

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La forêt est un milieu très présent en France mais surtout très précieux. Elle rend un grand nombre de services : elle accueille les activités de loisirs, elle nous protège chaque jour en fixant les sols, filtrant l’eau,… et elle nous fournit une ressource renouvelable et inépuisable, le bois. Pour l’aider à remplir ces différentes fonctions, les forestiers interviennent régulièrement en forêt. Vous retrouverez de nombreuses explications sur le site www.questionsforet.com

Un certain nombre de questions se posent quant à l’intervention de l’homme sur ce milieu particulièrement sensible.

La forêt est-elle surexploitée ?

Contrairement à certaines idées reçues, la forêt française se porte bien. Ses surfaces ont doublé en 150 ans et couvrent aujourd’hui 16,9 millions d’hectares soit plus de 30% du territoire national : c’est l’occupation des sols la plus importante après l’agriculture (qui couvre plus de moitié de la France). La forêt continue de progresser car chaque année : on ne récolte que 60% du bois qui pousse. La superficie forestière progresse de 0,7% par an depuis 1980 soit environ 1 000 ha. Elle demeure toutefois un milieu fragile sur lequel veillent les forestiers.

Couper un arbre, c’est détruire la forêt ?

Un arbre n’a pas besoin de l’homme pour pousser. En revanche, pour être accueillante et en bonne santé, la forêt a besoin d’être gérée. La coupe d’un arbre est souvent perçue comme un signe de destruction alors qu’au contraire, son intervention est souvent bénéfique pour la forêt : lorsqu’il prélève les arbres arrivés à maturité, le forestier facilite le renouvellement de la forêt, entretient sa vitalité et assure sa stabilité. Un manque d’entretien peut au contraire fragiliser la forêt et la rendre plus vulnérable face aux maladies et aux aléas climatiques.

Une zone sans arbre est une zone sans vie ?

On aperçoit parfois lors d’une balade en forêt, à la croisée d’un chemin, une parcelle forestière sans arbre. Même s’il évite de pratiquer ce genre d’intervention, le forestier se retrouve parfois dans l’obligation de réaliser ce qu’on appelle une coupe à blanc ou coupe rase. Ces zones ont un impact visuel fort mais ne sont pas forcément synonyme d’absence de vie.  Le forestier enlève les derniers vieux arbres afin de permettre aux petits semis de se développer. Les vieux arbres empêchent la croissance des jeunes en accaparant l’eau et la lumière. Ce que le public prend pour de la broussaille est la jeune génération de forêt qui va pousser rapidement pour former la forêt de demain.

Ces interventions sont limitées. Elles ne sont utiles que lorsqu’il faut changer d’essences car celles en place ont péris (maladie, mauvaise adaptation, etc.). Parfois, lorsque les arbres en place sont dans l’incapacité de se reproduire, il est nécessaire de replanter.

Pourquoi utilise-t-on des machines en forêt ?

En fonction des possibilités qui s’offrent à lui, notamment en fonction de la fragilité des sols, des conditions d’accès et du délai d’intervention dont il dispose, le bûcheron interviendra manuellement à l’aide d’une tronçonneuse, ou utilisera des machines pour effectuer les travaux forestiers.

Plusieurs facteurs expliquent le développement de la mécanisation :

Les effectifs de bûcherons (ceux qui coupent l’arbre) et débardeurs (ceux qui transportent l’arbre de la forêt au bord de route) ont été divisés par deux en vingt ans : la mécanisation est une manière de répondre à cette situation tout en améliorant l’ergonomie des postes de travail et leur sécurité.

Pour mieux préserver l’environnement, les périodes d’exploitation ont été réduites. Les mesures environnementales (hors nidification des oiseaux par exemple) ou parce que la forêt accueille un public nombreux dans les zones  touristiques ont réduit le temps de réalisation des travaux en forêt.

De par leur allure et leur taille, ces engins forestiers peuvent être impressionnants, mais ils disposent d’équipements adaptés aux sols sensibles et surtout, ils permettent de diminuer très significativement la dangerosité et la pénibilité de ce métier.

Que ce soit avec une tronçonneuse ou avec une machine forestière, la récolte des bois est très encadrée réglementairement.

Utilise-t-on des produits phytosanitaires et de l’engrais en forêt ?

En France, très peu de produits phytosanitaires sont autorisés en forêt. De plus, leur utilisation est très encadrée (interdiction à proximité des cours d’eau, interdiction dans les forêts accueillant du public, etc.). Dans ces conditions, l’utilisation de produits phytopharmaceutiques est marginale par rapport à la surface gérée puisqu’elle ne concerne annuellement que 0,02% des surfaces des forêts publiques et elle n’intervient que s’il n’y a pas d’autre solution efficace.

Par exemple, le fomès est un champignon qui se développe au niveau des racines de certains résineux. Il entraîne la pourriture du bois. Pour lutter contre ce parasite, on a recours à une méthode naturelle préventive. Lorsque des arbres contaminés par le fomès sont abattus, on pulvérise sur leurs souches fraîchement coupées, une solution aqueuse contenant des spores d’un autre champignon qui va empêcher la propagation du fomès.

Plus généralement, c’est grâce à l’ensemble de ces interventions, notamment par les coupes qu’il réalise, que le forestier va soigner, prévenir les maladies, entretenir et accompagner le développement de la forêt. Une attention particulière est portée lors du jeune âge de l’arbre, encore sous forme de plant, car c’est à ce moment qu’il est le plus fragile.

La tâche du forestier consiste à maintenir une mosaïque d’arbres à des âges différents afin que le couvert boisé soit maintenu aux différents endroits de la forêt. Si tous les arbres avaient le même âge, ils mourraient tous en même temps, et l’avenir de la forêt serait compromis.

étapes intervention en forêt

Coupe-t-on du bois pour le brûler ?

Le bois obtenu dans le cadre de la gestion durable des forêts est une ressource exceptionnelle, puisqu’il est naturel, renouvelable et potentiellement inépuisable. Il a toujours été utilisé par l’homme, notamment pour produire de la chaleur. Cette utilisation se développe de plus en plus, notamment pour lutter contre le réchauffement climatique puisque lors de sa croissance , l’arbre stocke du C02, ce qui le rend neutre en matière d’émission de gaz à effet de serre (contrairement aux énergies fossiles).

Le bois énergie est un coproduit de la filière forêt-bois. A chaque partie de l’arbre correspond une qualité de bois et une valorisation associée. Le bois provenant du tronc sera utilisé comme matériau pour la construction, l’ameublement, l’emballage et celui provenant des branches sera quant à lui utilisé pour produire du papier, des panneaux ou de l’énergie.

De plus, une partie des branches coupées sont laissées dans la forêt. Leur décomposition permet d’améliorer, entretenir ou restaurer la qualité de sols pour les jeunes arbres en devenir.

usages du boisIl n’y a que des bucherons qui travaillent dans la forêt ?

Il n’y a pas que des bûcherons. Certes ce métier est emblématique du travail en forêt mais beaucoup d’autres personnes travaillent de près ou de loin en lien avec la forêt et le bois. C’est une filière qui emploie plus de 425 000 personnes (c’est plus que le secteur automobile). Voici quelques exemples de métiers : pépiniériste, expert forestier, technicien forestier, exploitant forestier, bûcheron, débardeur, pilote de machines d’exploitation, transporteur, scieur, menuisier, ébéniste, parqueteur, architecte … etc. Plus d’informations sur www.metiers-foret-bois.org .

Vous l’aurez compris, l’objectif des personnes qui travaillent en forêt est de veiller aux différents rôles de la forêt, tout en lui permettant de produire durablement le bois que nous sommes heureux de pouvoir utiliser pour nous loger, nous chauffer… Cette pratique est très encadrée en France et la récolte du bois fait partie du cycle normal de la forêt de production.

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